Samedi, 18 mai 2013

L’antifascisme défile pacifiquement

MARDI 03 JUILLET 2012

GENÈVE • Antifascistes et citoyens anonymes ont manifesté pacifiquement samedi pour dénoncer la montée de l’extrême droite.

Logos militants, dreadlocks, mais aussi familles et citoyens discrets se sont réunis samedi dernier sur la plaine de Plainpalais à Genève pour protester contre l’agression au couteau d’un punk par un militant d’extrême droite lors de la Fête de la musique (nos éditions de mercredi et vendredi). Le porte-parole de la police cantonale genevoise, Patrick Puhl, a depuis confirmé l’interpellation d’un suspect.

Sous un soleil de plomb, une foule d’au moins 450 personnes selon nos estimations s’ébranle vers 14h30. Toulouse (pseudonyme), le père de la victime, prend la parole pour rappeler les objectifs du rassemblement: faire front pacifiquement contre la montée de l’extrême droite et rétablir la vérité sur l’agression, qui selon lui a engagé le pronostic vital de son fils. Musique et slogans – «Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers!» – rythment la progression de la manifestation.

D’abord discrète, la présence des forces de l’ordre s’intensifie à hauteur de la rue du Stand. Une vingtaine d’individus en tenue anti-émeute et plusieurs fourgons barrent la route, avant de se retirer. Malgré l’absence d’autorisation pour ce rassemblement, aucune consigne spécifique n’a été donnée aux policiers. Arrivé sans encombre au parc Beaulieu, le cortège se disperse et laisse la place à des concerts improvisés, auxquels participe notamment la rappeuse lausannoise La Gale.

Alma* a fait le déplacement depuis Lausanne: «Cette agression est inadmissible, je suis là pour protester contre la dégradation de la situation», déclare-t-elle. Née en 1939, Anna loue quant à elle le bon déroulement de la manifestation: «Je trouve très bien que personne ne se soit masqué.» Même son de cloche chez un musicien issu de la scène punk: Billy* redoutait les dérapages et se dit satisfait de la mixité du cortège. Certains reviennent sur la question de la violence: «Je suis d’accord qu’il faut lutter contre l’extrême droite. Mais je suis contre le combat de rue; je préfère m’engager pour la promotion des cultures alternatives», déclare un squatteur lausannois.

Lena*, antifasciste, se distancie de certaines attitudes: «Je ne suis pas pour la bagarre à la moindre parole douteuse.» Pierre Vanek, secrétaire de Solidarités – dont les banderoles sont apparues à Plainpalais, expose la position de sa formation: «Nous avons appelé nos sympathisants à participer, aussi pour protester contre la restriction des libertés publiques dont le droit de manifester. Nous soutenons le fait que les antifascistes puissent exprimer leurs opinions sans subir de violence.»

Le site du groupuscule Artam Brotherhood, dont le suspect interpellé par la police est proche, a quant à lui publié un communiqué au ton provocateur dans lequel il affirme maintenir le rassemblement genevois du 28 juillet. I

* prénom d’emprunt

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